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Rôle des associations Tunisiennes
dans la Société de l’information
Le concept de la « Société
de l’information » date d’il y a plus
d’une trentaine d’années, peut être
du jour où il en fut mention au Japon dans le
cadre d’une étude prospective sur les grandes
lignes de la « Société post-industrielle
» et sur les programmes scientifiques qu’il
fallait mettre en œuvre avant la fin du vingtième
siècle, pour que les activités économiques
scientifiques et artistiques soient sur un réseau
universel d’ordinateurs et qu’une large
place soit accordée à la production et
la distribution d’une nouvelle ressource et d’un
nouveau contenu partageable à l’échelle
planétaire.
La société de l’information serait
en conséquence l’émergence d’un
environnement de Communication à partir des différentes
technologies de l’information ; Par le développement
des réseaux électroniques et l’abondance
des contenus numériques, une multitude de services
et d’activités effectuées à
distance et par les principaux sens, finirait par changer
les mécanismes de la vie dans les différentes
sociétés.
§ Ainsi, la télé-éducation
prendra la relève sur l’enseignement classique,
l’économie immatérielle occupera
une place de plus en plus substantielle dans les intrants
du produit national et la gouvernance électronique
déterminerait le caractère des nouveaux
rapports qui s’établiraient entre les partenaires
concernés ; en effet par le développement
des réseaux interactif, la participation serait
plus large et les relations entre l’administration
publique et les citoyens ressembleraient de plus en
plus à celles qui existent entre l’entreprise
et ses clients.
§ Avec le développement de cette nouvelle
réalité et par la variété
de ses composantes la société civile doit
jouer un rôle considérable. Selon la majorité
des définitions Cette société est
constituée par les organisations non gouvernementales
et associations à but non lucratif ainsi que
par les corps professionnels à caractère
intellectuel et agissant dans les domaines de la production
culturelle, éducative ou informative.
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Réparation des rôles entre
les partenaires concernées
1) La nature des actions attribuées
:
Les programmes de développement
des nouvelles technologies de l’Information ont
prévu pour l’édification de la société
de l’information une redistribution des rôles
entre les différents partenaires sociaux. En
effet, l’action incombe à la fois à
l’Etat, au Secteur public, au Secteur privé,
aux Partis qui encadrent la vie politique et au Secteur
de la Société Civile, qui a pour vocation
essentielle le volontariat et l’action bénévole.
Ainsi les gouvernements doivent élaborer les
politiques adéquates, favoriser le développement
des réseaux, instaurer les instruments juridiques
et assurer le sécurité des transactions.
Le Secteur privé doit gérer l’exploitation
des réseaux ainsi que la production du contenu
et sa distribution en coopération des différents
partenaires.
Dans ce cadre, un rôle majeur est attribué
aux organisations de la société civile,
pour le développement de nombreux télé-services
à caractère social, éducatif ou
culturel ( médecine, éducation, formation,
transport etc.…). Cela va du plus local tel que
l’initiation des ruraux à l’usage
élémentaire de l’ordinateur (programme
réalisé dans un autobus par l’association
tunisienne de la communication ATUCOM au plus large
champ universel tel que la promotion du voyage dans
l’espace pour tous, unité par l’association
américaine fondation-Prize.
En général, le rôle
des ONG consistera de plus en plus à :
Consolider l’évolution des secteurs concédés
par les pouvoirs publics dans la production des contenus
;
Préparer le citoyen aux perturbations qu’entraîne
l’émergence de la société
de l’information ;
Promouvoir les mécanismes d’arbitrage et
de conciliation pour les nouveaux types de litiges générés
par cette nouvelle société ;
Veiller au respect du règlement et de l’éthique
définis pour la mise en place des nouveaux télé-services
;
Protéger le droit des consommateurs et de la
propriété intellectuelle des
producteurs ;
Faire face aux écueils de l’afflux transfrontières
des biens immatériels.
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2) Les niveaux de l’action
associative :
Jusqu’ici l’activité
des associations passe, impérativement, par les
réunions publiques ; elle se situe dans un cadre
géographique bien défini et exige beaucoup
de temps. Avec le développement des réseaux
électroniques (e-mail) et des systèmes
de vidéoconférence, l’administration
des associations prendra une nouvelle dimension, elle
se passera du papier ou de la correspondance classique
et exercera un rayonnement, illimité dans le
temps ou dans l’espace ; sans se déplacer,
les adhérents pourraient communiquer et participer
à toutes les décisions.
La restructuration du secteur associatif préconisée
de tout bord entraîne inéluctablement un
nouveau rôle pour les organisations non gouvernementales
:
Au niveau local : Il s’agit notamment d’une
action d’assistance à la gestion
Municipale, à la protection de l’environnement,
à la mise à niveau général,
à la diffusion de la culture numérique,
et à la promotion de la diversité linguistique.
Au niveau central : l’action doit porter essentiellement
sur la recherche
Scientifique, la réalisation de nouvelles télé-activités
socioculturelles, l’organisation du secteur associatif,
son regroupement sectoriel, la formation et la connexion
des citoyens aux réseaux Internet et Intranet
en vue de leur formation et de leur adhésion
aux mécanismes de la société de
l’information.
Au niveau régional et international : les ONG
seraient amenées à prendre
Les relais des organisations intergouvernementales et
à compléter leur action. Cependant, elles
doivent éviter de succomber à la tentation
de porter atteinte à la souveraineté nationale,
d’où le besoin d’une politique nationale
pour l’édification du secteur de la société
civile sur la base de la cohérence, de l’efficacité
et de la prudence.
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3- Le Contexte tunisien
:
En Tunisie, l’émergence
de la société de l’information s’est
concrétisé de plus en plus au cours des
dix dernières années et s’est traduite
par le développement intensif du commerce électronique,
la parution des nouveaux télé-servises
et le développement de l’administration
électronique. Une action tout azimut étant
nécessaire à la formation des jeunes aux
nouvelles technologies de la communication, et la mise
à niveau générale des différentes
composantes sociales. La mise à niveau intégral
choisie comme moyen de réaliser le progrès
commande en effet aux associations d’œuvrer
en vue d’élargir la prise de conscience
face aux nouveaux défis pour que leur action
associative soit à la fois un soutien et un complément
à l’action de l’Etat.
En effet, si l’Etat assume la mission du développement
dans ses dimensions les plus larges ; les associations,
en fonction de leurs domaines de spécialisation
et de leurs activités ont pris à leur
charge l’organisation des secteurs d’intérêt
de leurs adhérents, en enracinant en ces derniers
l’amour de la bonne action et l’abnégation.
Depuis 1995, les représentants des associations
actives dans les domaines de l’informatique et
de la communication ne cessent de pousser la réflexion
et de promouvoir les programmes de recherche et de formation
à ce sujet. En effets c’est au secteur
associatif tunisien qu’est revenu l’honneur
d’organiser la première réunion
africaine sur les promesses et les défis de la
société de l’information (Mars 1995).
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II- Préparation du Sommet
mondial sur la société de l’information
1- Objectifs du Sommet :
Sur proposition de la Tunisie, la communauté
internationale a décidé en 1998 d’appeler
à la tenue d’un Sommet Mondial sur la Société
de l’Information (SMSI) auquel participeraient
tous les pays en développement et toutes les
forces vives, notamment les organisations de la société
civile et les institutions d’investissement du
secteur privé, afin que toutes les sociétés
puissent tirer profit du progrès escompté.
En réponse à cette ambition internationale,
la Tunisie et la Suisse ont exprimé qu’elles
étaient prêtes à accueillir le Sommet
Mondial prévu. Vu l’importance des enjeux,
les organisations internationales spécialisées
et les partenaires internationaux concernés ont
convenu que le Sommet devrait se tenir en deux phases
: Une première phase à Genève en
2003, dont l’objectif sera d’identifier
les principaux choix stratégiques ; Et une seconde
phase à Tunis en 2005, dont l’objectif
sera de mettre en place les bases de la coopération
internationale requise en vue de promouvoir ce secteur
sensible tout au long du XXIème siècle.
Les préparatifs se mirent aussitôt en branle
au niveau des instances internationales concernées,
mais également au niveau des groupes régionaux,
avec en première ligne le groupe africain. Ainsi,
une conférence régionale a été
tenue à Bamako(Mali) vers la fin mai 2002, avec
la participation d’un millier de participants
représentant les différents secteurs,
dont un nombre appréciable de dirigeants d’associations
et d’organisations non gouvernementales. Les réunions
préliminaires et les conférences régionales
se poursuivent jusqu'à présent, la dernière
en date fùt celle du Caire qui a réuni
(16/18/2003) les représentants de la sous région
arabe, et a abouti à de pertinente recommandations.
Parallèlement, la réflexion à l’échelle
internationale s’est déclenchée
à Genève a partir de la première
semaine du mois de juillet 2002 dans le cadre du premier
Comite préparatoire (Prepcom1). La réunion
a abordé la question de la mise en place des
mécanismes du Sommet Mondial (WSIS), ainsi que
les critères d’accréditation des
organisations de la société civile concernées.
De leur côté, les organisations spécialisées
de la société civile ont commencé
dés le début de l’année 2002
à mettre au point leur vision et à explorer
les domaines d’intérêt au niveau
desquels elles pourraient agir. Ainsi, les représentants
de plus d’une centaine d’associations et
d’organisations non gouvernementales se sont réunis
au siège de l’UNESCO à intervalles
réguliers et ont participé à des
ateliers de travail spécialisés couvrant
l’ensemble des dimensions politiques, économiques,
culturelles et législatives.
Quant aux sujet qui seront débattus lors du sommet
mondial, ils sont aussi multiples que variés
et couvriront les divers secteurs de l’information
et de la communication, avec un intérêt
particulier pour les réseaux de diffusion et,
plus particulièrement, pour le contenu de la
production du savoir qui sera mis à disponibilité
par ces réseaux.
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2- Contribution des ONG :
Avec l’organisation de la première
Conférence régionale préparatoire
au Sommet, l’Afrique a apporté une innovation
majeure en créant les conditions d’un véritable
dialogue dans les conférences internationales
et en lançant un nouveau type de partenariat
entre les représentants des gouvernements, des
entreprises privées et de la société
civile. Convaincu des conclusions auxquelles ont abouti
les participants à la Conférence de Bamako,
les ONG tunisiennes concernées ont souhaité
contribuer efficacement à la pose des jalons
autour desquels les pays en développement entendent
participer pleinement par une contribution originale
à l’édification de la société
de l’information et bénéficier en
retour, des nouvelles potentialités qu’offrent
les technologies de communication ; les représentants
des ONG tunisiennes ont réaffirmé en même
temps que :
La société de l’information doit
répondre aux intérêts de toutes
les nations
avec une attention toute particulière aux besoins
et aspirations des populations les plus démunies
;
La communication, fondement de l’existence de
tout individu et de toute
Société doit être gérée
de manière à assurer un développement
juste, équilibré et harmonieux de l’ensemble
de la communauté mondiale ;
Tous les partenaires représentant les pouvoirs
publics, la société civile et le secteur
privé- (notamment les petites et moyennes entreprises)
sont concernés par le développement des
communications et doivent être pleinement associées
aux décisions concernant leur développement
tant au plan local, national que régional et
international ;
Le droit à l’expression doit permettre
à tout citoyen d’accéder librement
aux informations constituant le patrimoine de l’humanité
diffusée sur tous les supports, y compris les
nouveaux supports multimédias ;
Le développement des logiciels « libres
» tant en termes de matériel, que de formation
des utilisateurs, permet de généraliser
l’usage du numérique à moindre coût
;
La mise en œuvre de stratégies d’investissement
et de financement par l’aide à la création
de contenus et la démocratisation des accès
avec un effort tout particulier pour les femmes et les
jeunes ;
La promotion du plurilinguisme et le maintien de la
diversité culturelle comme moteur des processus
de développement de contenus à usages
locaux et internationaux ;
La pleine participation des acteurs de la société
civile et du secteur privé dans toutes les instances
de décisions au niveau local, national, régional
et international, touchant au développement de
la société de l’information à
travers la consolidation de nouvelles formes de partenariat
fondées sur la complémentarité
entre les différentes catégories d’acteurs
;
Le renforcement de la coopération à travers
le développement d’un contenu,
adapté aux besoins locaux et la mise en réseau
de pratique enrichissante, pour constituer une base
de connaissance et favoriser la promotion de la formation
dans toutes ses formes.
Le renforcement des capacités institutionnelles,
humaines et administratives sur le plan local national,
régional et international pour assurer une meilleure
complémentarité de toutes les initiatives
dans le développement de la société
de l’information et la participation de citoyen
au développement de la démocratie.
L’instauration de débats démocratiques
sur les nouvelles dispositions
institutionnelles et réglementaires devant définir
les enjeux sociaux culturels, économiques, techniques
et éthiques des nouvelles technologies de l’information
et de la communication.
La prise de conscience que la réduction de la
fracture numérique passe
Obligatoirement par le développement d’infrastructure
des télécommunications adaptées
aux besoins des populations et des citoyens et les moins
favorisées.
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3- Les priorités selon les
associations :
Pour arriver à cette fin, les
ONG Tunisiennes considèrent qu’il est nécessaire
de donner la priorité à certains thèmes
dans les travaux du sommet de Genève et de Tunis.
Parmi ces thèmes, on peut citer :
La nécessité de faire l’état
des lieux sur le potentiel des nouvelles technologies
de l’information et de la communication dans les
différents pays.
La réponse aux besoins en infostructure dans
les pays en développement (ressources humaines
et financement).
La protection de la diversité culturelle qui
touche à des sujets divers et qui débouche
sur le dialogue des civilisations ;
L’enseignement, l’éducation et la
formation pour tous et à tous les âges
;
Le développement des applications spéciales
en faveur de l’homme et de son environnement ;
La gouvernance électronique et son adéquation
avec les libertés publiques;
Le renforcement du rôle des ONG dans l’édification
de la société de l’information et
la contribution de ce secteur au développement
de l’économie solidaires et de la culture
numérique.
Une liste de sous thèmes doit venir sous tendre
cette vaste gamme de préoccupations. Tous les
sujets ne peuvent pas être traités en même
temps ou au cours de la première étape
; certaines conclusions ne pourraient pas être
tirées avant une étude exhaustive ou analyse
complémentaire ; c’est pourquoi il faut
penser, comme l’avaient proposé les participants
à la consultation des ONG à Bamako, à
l’utilisation du temps qui sépare les deux
étapes du Sommet pour poursuivre la réflexion,
à travers les études (nouvelles inventions,
découvertes, exploration spatiale etc.…)
ou les conférences sectorielles. (ONG, Secteur
privé, Femmes etc..)
(Nous suggérons pour réflexion à
cet effet le tableau suivant).
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| CONCLUSION :
Le souhait que tous les pays contribuent pleinement
au processus préparatoire des deux phases du
SMSI, (Genève 2003 et Tunis 2005) pour aboutir
à l’adoption :
D’une déclaration de principe qui définit
l’engagement universel à l’édification
de la société de l’information sur
la base de la paix, de l’équité
et de la justice.
D’un plan d’action pour le développement
d’infrastructure et de contenus adaptés
aux besoins des populations et des citoyens dans les
pays en développements avec une attention particulière
aux pays les moins avancés (PMA).
D’une charte mondiale de solidarité numérique
pour assurer la réalisation de programme dans
les conditions idéales.
De programmes régionaux traduisant concrètement
les aspirations des différents pays et particulièrement
ceux en développement.
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